Jacques Vergès… conscience morale ou puissance malfaisante ? Zola des temps modernes… ou baroudeur opportuniste guidé uniquement par sa rage et sa vanité ? Défenseur consciencieux de terroristes, dictateurs, criminels de guerre, assassins et autres tortionnaires… ou leur complice ? Héros romantique mais faillible … ou anti-héros corrompu ? Champion de la dignité humaine… Ou victime de sa propre fatuité ? Qui est donc Jacques Vergès et devrait-on prêter oreille à ses propos ? Le saurons-nous un jour ? Oserons-nous même poser la question ?
Rétif à tout carcan moral, Jacques Vergès a, depuis toujours, poussé à son paroxysme la mission de l’avocat. Lorsqu’il accepte de défendre des bourreaux tels que Saddam Hussein, Slobodan Milosevic, Carlos, Klaus Barbie, il y a chez lui une volonté de dynamiter la banalité des certitudes qui ont fait le siècle. Et puisqu’il y fut mêlé, l’avocat se fait comme un devoir de se trahir lui-même. Jusqu’à la perversité.